AIT ELMANE: La Nature & Les Hommes

La grande smala,alias Ait Elmane

  

        Les changements qui ont affecté les mœurs de la tribus, et les tribus voisines en général , pendant ces quatre dernières  décennies sont absolus, et laissent à méditer  

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A:   UN  F L A S H - B A C K  

  1)Ce bas-lieu était primitivement organisé ,dirigé par une multitude de relations compliquées qui dépassaient la conception du Douar ou de l'éthnie.Les relations familiales étaient fortes et consolidées entre tous les composants de cette peuplade qui ne dépassait guère 250 familles, par effet de l'intermariage, pour former enfin une sorte de toile d'araignée de rapports de parenté de fraternité de cousinage interminables...

Cette microsociété était encadrée par plusieurs Confreries et sectes religieuses telles que :

Les RMA: Ces soi-disant "Lanceurs "qui croyaient hériter de l'adroitesse du fameux Saad Bnou Waqas,formaient une confrérie pieuse, se réunissaient périodiquement dans des LLama (petites fêtes),à quelles se ralliaient des sympathisants des autres tribus(les affiliés étaient nombreux dont M.ouben Ali,M.Ouguensi,Sheikh Ben Ali,Ahabbad ...que Dieu Aie leurs âmes en Sa bonne Miséricorde)

Les IISSAOUIN:Des vrais fanatiques de Hadra et Jadba(danses hystériques)avec leurs tambours et Bendirs excitant la foule.(leurs sympathisants les plus connus sont:lesFeus Ali Oulqaid,Lhouari,Lahcen Ouaqa ...)

Les AIT TZRIBTH: Eux aussi organisaient des fêtes alternatives, pour la  grande bouffe(lesdisciples dont je me rappelle sont les Feus:sheikh Said,Ali Ouaqa...)

 Ainsi que les sectes suivantes.... 

IQADIRINE: disciples de la fameuse secte Qadiria du M. orient (Bagdad),ils se réunissaient chaque vendredi pour prier et implorer, dans l'une des quatre petites mosquée ,(les Feus fidèles sont M.ali Bengha,M.OubenAli,

ITIJANINE: adeptes du Marabout Sidi Ahmed Tijani venu d'Algérie et mourra à Fès(l'un de leurs nombreux funs s'appelle A.OuAbdLouahab

  Ces organismes avaient un rôle important au sein des concitoyens:resserer les liens tribaux ,garantir la solidarité comme principe de relations interindividuelles ou de relations sociales, voire une éthique/morale.

   AMGHAR,SHEIKH,LOUCHIL,JARI ...représentaient l'administration locale, et jouaient le rôle de courtiers des autorités s'il en existaient:auto-direction aux moments de SIBA, et des figurants  des autorités coloniales et plus tard nationales qui optaient rester fideles aux normes révisionnistes du passé lointain, sous prétexte de conserver la tradition

   les Fqihs,TTolba représentaient la morale et la sagesse, connaissaient en tout, guides spirituels , toubibs, sorciers et parfois de vrais charlatans ,scribs,intermediaires dans les cas de mariage ,du divorce ,et enfin enseignants de la morale aux adultes et le saint Coran aux petits .

   Les Chorfats,Marabouts:Tous les Ait Sghrouchen au voisinage sont des Chorfas vantaient-ils, et par categories.Ce qui nécessitait une obligation (Am'alam:chevreaux srt)envers ces prétendants Idrissides.Ils avaient imposé une place parmi la communité,et sont impliqués eux aussi dans la sorcellerie (hjab,et des sortes de fétiches )

   Les forgerons: Une petite tribus  voisine formée de marshales ferrants qui prenaient des dotations annuelles en céréale en échange des outils ferrés de labourage(socs, erseaux, faucilles , haches...)et pour ferrer les équidés.. Les Bradii visitaient le douar pour préparer des harnais aux bêtes de somme.

    LA COHABITATIN SIMULTANEE: A chaque fois qu'un malentendu se déclenchait au sein de la tribus ,les doyens entraient en lice, et essayaient d'encercler la situations en tant que AMGHAR ouMQADEM .C'est surtout des litiges subalternes à caractère local, que ces sages tentaient de régler à l'amiable entre les compagnards,tels que le droit aux pâturages dans ou près des champs cultivés(AGDAL),,les limites entre lopins de terre, des ptits vols de bétail ou de volaille, et quelques fois on exigeait des AMENDES aux fautifs: LANSAFF:un diner collectif à tous les Grands de la Tribus. Rares étaient les MESENTENTES qui arrivaient devant les autorités.

      LA coexistence était très serrée entre toute la population, on se croyait tous une seul famille, on recevait, nous les ptits,des conseils de n'importe qui ,et on exécutaient avec respect... C'était l'esprit de solidarité à qui on assistait pour un tout petit moment avant qu'il disparaisse partiellement ou à jamais par la suite!!!On appelait tous :ONCLE,TANTE, ce qui signifiait alors que tout le monde était soit du coté de nos mères  ou bien de nos pères, et c'était vrai. On se déplaçait  en groupe de nomades vers AZAGHAR (pâturage d'hiver) ou ALMOU (d'été) pour s'entraider en cas imprevus:deces eventuels,danger,intemperies...ce qui  était très fréquents .L'interdépendance était générale entre les familles pastorales, et les liens se fixaient profondément .Au moments de labourages , de moissons et battages ,ou pour emmener les bêtes ...c'etait la TWIZA?ADOUAL?

TWIZA: c'est un travail collectif en faveur d'un membre de village

ADOUAL: c'est se servir des bêtes à tour de rôle entre les habitants dans les travaux d'agriculture

LE SOUK: un fardeau hebdomadaire très astreint et couteux: d'abord IMMOUZER ,le Souk, se situe à plus de trois heures de trajet à dos de mulet, seul moyen de transport . On s'y rendait chaque semaine ,et dans des conditions pénibles pour échanger quelques produits agricoles(grains, laine, tètes de bétail,) et d'artisanat (tapis,)contre des denrées de première nécessité (specialement:sucre,thé,huile ,gaz d'éclairage et rarement, quelques légumes)

Les marchands ambulants:se rendaient régulièrement au Bled à dos de juments, pour faire écouler des articles destinés aux petits et aux femmes(bonbons ,henné, colliers de boutonnettes...).C'étaient des marchants de foie Juive surtout qui hantaient les lieux, tel un certain MESSKINI, qui avait l'habitude de planter sa petite tente auprès de chez nous, à cause des risques.

LA FEMME: Occupait et occupe encore une place capitale dans cette micro-société.En plus de travail de ménage, elle était une sorte d'outil de corvée :moisson(ahrad),labourage ,ramassage du bois, chercheuse de l'eau souvent de loin, traite, meneuse de betes,couveuse de mômes ,morveux ,mal nourris ,souvent nombreux et maladifs(rougeole, coqueluche, toux).. Une situation precaire,près du servage, surtout pendant les années de transhumance...

 Fetes et quelques rejouissances collectives: Et malgré toute cette consternation et cette désolation extrème,une lueur de consolation se présentait pendant quelques occasions comme une planche du salut: les jours de l'Aid ,de fêtes de mariage ,de baptème,de circoncision et des LLAMA...

    Le Haidouss était toujours à l'honneur, cette dance collective était un moyen de defoulement,accompagné de chants poétiques significatifs

       2)Le mode de vie: Très modeste et precaire.Ait Elmane et comme toutes les tribus montagnardes étaient ,jusqu'à la fin du protectorat (1956),loin de toutes influences exterieures.Le mode de vie primitif ,se basait sur la vie pastorale et une maigre agriculture. C'était la miserere tous subissait la disette très tot au debut du printemps.

  La transhumance: Tous les habitants étaient des semi-nomades. Ils se déplaçaient périodiquement entre les pâturages d'été à l' est, et les pacages d'hiver à l'ouest. Le cheptel se composait spécialement de tètes de moutons , de chevres,et quelques vaches, très chétifs et défaillants

   Les cultures Bour(seches) et Irriguées: L'agriculture était vivrière: orge et blé en hiver, sorgho et légumineuses au printemps, sur une terre ingrate très morcelée, usée par l'érosion et affectée par les caprices du climat montagneux. Dans les toutes étroites vallées ,on exerçait l'irrigation du mais , quelques maraichères et arbres fruitiers.

La main d'œuvre est formée de Khamass et Rabaà,qui prenaient le cinquième ou le quart de la récolte en échange de leur travail.

Autres activités: Les habitants du Douar recouraient à leurs propres moyens pour subvenir à leurs exigences. Ils utilisaient le bois(cedre,chene..),le halpha(doum),la laine, la peau des betes,comme matières premières a fin de fabriquer des objets utiles à leur vie quotidienne.

Quelques uns ont été engagé par l'armée coloniale comme goumiers ou soldats, et maintenus ensuite par l'armée royale

A l'instar de l'état arborigène,primitive,rien n'est changé pendant des décennies avant l'indépendance.

   

  B:   N O W A D A Y S

         3)Les grandes transformations pendant ces dernières decennies et le nouvel WAY OF LIFE des Ayth Elmane !!!:

    Actuellement, c'est une autre réalité qui s'est installé là-bas, tout est bousculé vers le pire!!On a abandonné notre cher plateau, nos splendides forets, nos ravins, nos sources, nos troupeaux, nos inoubliables habitudes communes, et les mentalités sont radicalement transformées.

    On peut parler de plusieurs Diasporas à compter des années 60.la plupart des jeunes etaient attirés en masse par la carrière militaire qui n'exigeait aucun niveau scolaire:une vingtaine d'eux partaient en 1963?suivis d'une autre dizaine en 1967,puis l'hemoragie s'accelerait pendant les années 70 avec la recuperation de notre Sahara:on deplorait quelques martyres qui avaient laissé leurs vies au champs d'honneur(PRESQUE UNE DEMI DOUZAINE en plus de deux retenus au camp d'ennemi).D'autres jeunes etaient embauchés dans des postes gouvernementaux .Dès lors,le manque de la main d'oeuvre commençait à se sentir,et les deux principales activités s'engageaient dans la dégradation.Les habitants commençaient à se depayser vers les villes voisines:Immouzer,Sekoura, Sefrou, Guigou et mème plus loin ...

   l'exode s'est accentué aussi à cause du manque d'infrastructures sociales necessaires.



22/02/2010
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